Rédaction : Grégoire Berrebi
Pour Léonie Frossard, le fromage n’a jamais été un
simple produit.
C’est une histoire de famille, de gestes appris dès l’enfance, et de matins
passés à aller couler le lait avec son papa, producteur passionné.
Avant de parler de métier, Léonie a grandi avec le fromage.
Si la vie l’a ensuite menée ailleurs, c’est toujours autour
du terroir.
Pendant neuf ans, elle a travaillé à la Coop de Verbier, au cœur d’une
clientèle internationale de passage, skieurs et visiteurs du monde entier.
Une expérience riche, mais un peu éloignée de ses racines.
Car Léonie est de Vollèges, la vallée, l’ombre des
sommets, le rythme local.
Je voulais revenir à la vente traditionnelle, prendre le temps de conseiller,
d’échanger, et retrouver les habitants du coin.
Un défi ? Oui.
Mais surtout un retour au pays, dans un lieu qui parle sa langue.
“Ici, ce sont les gens de la vallée.”
À Verbier, les clients passaient.
À Étiez, ils reviennent.
Ils s’arrêtent, ils demandent, ils racontent leurs souvenirs, leurs habitudes,
leurs préférences.
Ils partagent un morceau de fromage comme on partage une histoire.
Et c’est précisément ce que Léonie cherchait.
Ce lien humain, cette proximité sincère avec les habitants d’ici, qu’elle
connaît, reconnaît, ou découvre chaque jour.
Diriger la fromagerie d’Étiez, ce n’est pas seulement gérer
un commerce.
C’est prolonger une tradition locale, maintenir ce savoir-faire qui fait
la fierté de la vallée, et accompagner le lait d’un village jusqu’à la table de
ses habitants.
Un nouveau chapitre, sans renier le premier
Si Léonie a dit oui, c’est par amour du lieu, des gens
et du produit, dans cet ordre-là.
Parce qu’on peut faire du fromage partout, mais on ne fait pas le même
fromage sans sa vallée.
Et lorsqu’on la voit évoluer entre le magasin, les caves et
les producteurs, on comprend vite une chose :
Elle n’a pas simplement repris une fromagerie.
Elle est revenue chez elle.